Fondation Hanns Seidel RDC

Fondation Hanns Seidel RDC
57, Av. des Sénégalais | B.P. 10.185
Kinshasa, Gombe
République Démocratique du Congo
Tél.: +243 99-930-2624 | -2625
E-Mail: info@hannsseidel-rdc.org

Agroforesterie

Fleur d'acacia auriculiformis
Production de charbon de bois
Champ de manioc

La Fondation Hanns Seidel exécute depuis plus de 10 ans à Mampu - au Plateau de Bateke à 140 km de Kinshasa en République Démocratique du Congo (RDC) - un projet agroforestier financé par la Commission Européenne en collaboration avec son partenaire CADIM.

L'objectif poursuivi par ce projet a été de contribuer à la relance de la production agricole locale afin d'améliorer les conditions de vie des populations rurales.

La principale innovation de ce projet d'agroforesterie repose sur l'introduction de l'acacia auriculiformis dans la rotation des cultures vivrières. En effet, comme toutes les légumineuses, l'acacia a la propriété de fixer l'azote de l'atmosphère au niveau de ses racines pour le restituer au sol. Ce maintient de la fertilité des sols est, par ailleurs, renforcé par la dispersion de résidus issus du travail de transformation en charbon de bois des arbres d'acacias abattus à maturité. Une fois enfouis, ces petits morceaux de charbon deviennent une source de potasse - un engrais indispensable aux plantes à tubercule comme le manioc - et de matière organique pour le sol.

Au-delà du maintien de la fertilité des sols dans une région de savane sablonneuse a priori peu propice à l'exploitation agricole, cette technique permet de se passer d'un labour mécanique puisque les semis de maïs ou de niébé sur des surfaces nettoyées par brûlis, et ayant été plantées d'acacias auparavant, peuvent se faire directement sans travail du sol. Le bouturage du manioc, quant à lui, ne demande qu'un petit travail à la houe à l'endroit où la bouture est destiné à être enfouie.

Par ailleurs, cette approche permet aussi de garantir le renouvellement de la forêt sur le moyen et long terme grâce à son cycle qui repose sur une période de jachère pendant laquelle de jeunes acacias peuvent atteindre leur maturité tout en faisant l'objet d'une surveillance afin de réduire les risques d'incendie. Enfin, ce processus se déroule entièrement dans le cadre d'un cycle d'émission de carbone neutre.

Ainsi, la pratique culturale utilisée se décline en une première étape d'abattage contrôlé des arbres et de leur transformation en charbon de bois. Un brûlage des surfaces pour fournir le traitement à la chaleur dont nécessitent les graines d'acacia tombées au sol pour germer est ensuite effectué. Les surfaces ainsi libérées feront l'objet d'une mise en culture parallèle de vivriers et de jeunes acacias lors de la première année. Ces derniers continueront à pousser lorsque le terrain sera laissé en jachère surveillée jusqu'à maturité des arbres pendant que les parcelles avoisinantes seront soumises au même processus chacune à leur tour.

Le projet Mampu représente aujourd'hui une exploitation agricole durable d'environ 8000 hectares repartis en parcelles de 25 hectares et exploitées par plus de 300 familles issues d'horizons humbles divers et formées à cette fin.

Au regard du rayonnement de l'action dans le milieu et de la demande des villages environnants, la Fondation a étendu son action au-delà de la sphère d'influence originale de Mampu. Le projet d'agroforesterie de Mampu représente désormais, pour beaucoup, un modèle de production agricole durable en savane qu'il faut tenter de répliquer ailleurs lorsque les circonstances le permettent.

Mampu - Une exploitation agroforestière durable

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